Dimanche 14 mars 2010 7 14 /03 /2010 16:29
Jean est parti au paradis des poètes.
Je n'ai pas d'image à joindre à cet article pour le moment.
Je partage donc avec vous ce poème qui pour moi, illustre bien le poète et l'homme.

Si je meurs un beau soir d'hiver
On dira que c'est d'un cancer
Ou bien d'un truc à quelque chose
Il peut se trouver des experts
Qui décréteront au contraire
Que c'était la tuberculose

C'est pourquoi je prends les devants
Pour affirmer dès maintenant
Croyez pas ces vieux imbéciles
J'avais une santé de fer
Je n'avais qu'un petit travers
J'avais le cœur un peu fragile

Le cœur fragile
Les mains fébriles
La bouche offerte
J'aurai vécu
Sans avoir cru
L'île déserte
En attendant
Le cœur battant
La découverte
Je veux dormir
Je veux mourir
La porte ouverte

Quand on prend tout d'un cœur léger
Il paraît qu'on vit sans danger
Que la mort longtemps nous évite
Mais j'ai voulu croire au bonheur
Et j'ai pris tant de chos's à cœur
Que mon cœur a battu trop vite

Au lieu d'être un homme averti
Qui se passionne au ralenti
J'ai pris le parti des poètes
C'est en cherchant la toison d'or
Que mon cœur a battu si fort
Quand j'y pense encore il s'arrête

Le cœur fragile
Les mains fébriles
La bouche offerte
J'aurai vécu
Sans avoir cru
L'île déserte
En attendant
Le cœur battant
La découverte
Je veux dormir
Je veux mourir
La porte ouverte

On me dira c'est pas sérieux
On ne s'en va pas pour si peu
Il faut des raisons bien plus fortes
Mais je n'ai pas d'autres raisons
De mettre sous le paillasson
La petite clé de ma porte

On peut mourir tout doucement
D'un petit baiser qu'on attend
D'une voix froide au téléphone
D'un mot qu'on lance à bout portant
D'une confiance qu'on reprend
D'un amour qui vous abandonne

Le cœur fragile
Les mains fébriles
La bouche offerte
J'aurai vécu
Sans avoir cru
L'île déserte
En attendant
Le cœur battant
La découverte
Je veux dormir
Je veux mourir
La porte ouverte

Adieu donc, à ce merveilleux chantre d'Aragon.
Que sa route dans les étoiles le conduise au côté de Léo, de Georges, du grand Jacques...
Par Nadir - Publié dans : Quand on travaille on oublie le mal des jours
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Jeudi 11 mars 2010 4 11 /03 /2010 20:42
Sur l'idée d'un ruban de Möbius, développé ad libitum...comme une musique répétitive.

DSCN1587
DSCN1582 corr
" De hautes pierres dans le vent occuperaient encore mon silence - Les migrations d'oiseaux s'en sont allées par le

 travers du Siècle, tirant à d'autres cycles leurs grands triangle disloqués. Et c'est milliers de verstes à leur guise, dans

 la dérivation du ciel en fuite comme une fonte de banquise"

Saint-John Perse, vents suivi de chroniques, NRF Poèsie/ Gallimard, 1960
Par Nadir - Publié dans : Quand on travaille on oublie le mal des jours - Communauté : la création et ses processus
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Jeudi 4 mars 2010 4 04 /03 /2010 16:19
DSCN1580
Accrochée à une branche
Dans la tempête
Une corneille solitaire.
Par Nadir - Publié dans : Quand on travaille on oublie le mal des jours - Communauté : la création et ses processus
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Vendredi 26 février 2010 5 26 /02 /2010 20:59
DSCN1579 1
"Les gens, il conviendrait de ne les connaître que disponibles
A certaines heures pâles de la nuit
Près d'une machine à sous, avec des problèmes d'hommes simplement
Des problèmes de mélancolie
Alors, on boit un verre, en regardant loin derrière la glace du comptoir
Et l'on se dit qu'il est bien tard...

Richard, ça va ?

Nous avons eu nos nuits comme ça moi et moi
Accoudés à ce bar devant la bière allemande
Quand je nous y revois des fois je me demande
Si les copains de ces temps-là vivaient parfois

Richard, ça va ?

Si les copains cassaient leur âme à tant presser
Le citron de la nuit dans les brumes pernod
Si les filles prenaient le temps de dire un mot
A cette nuit qui les tenait qui les berçait

Richard, ça va ?

A cette nuit comme une sœur de charité
Longue robe traînant sur leurs pas de bravade
Caressant de l'ourlet les pâles camarades
Qui venaient pour causer de rien ou d'amitié
Nous avons eu nos nuits...

Richard eh ! Richard !

Les gens, il conviendrait de ne les connaître que disponibles
A certaines heures pâles de la nuit
Près d'une machine à sous avec des problèmes d'hommes, simplement
Des problèmes de mélancolie
Alors on boit un verre en regardant loin derrière la glace du comptoir
Et l'on se dit qu'il est bien tard...

Richard ! encore un p'tit pour la route ?
Richard ! encore un p'tit pour la route ?
Eh ! m'sieur Richard encore un p'tit pour la route ?
Allons ! Richard... Richard... encore un p'tit !"

Léo Ferre
Par Nadir - Publié dans : Quand on travaille on oublie le mal des jours - Communauté : la création et ses processus
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Lundi 22 février 2010 1 22 /02 /2010 20:08

"Si, laissant tes jeux de côté, tu veux te plonger dans l'eau pure,

    viens, ô viens à mon lac.

Laisse sur la plage ton manteau bleu; l'eau plus bleue t'enveloppera toute.

Les vagues se feront très douces pour caresser ton cou

et murmurer à ton oreille.

Viens, ô viens à mon lac si tu veux t'y plonger."


Rabindranath Tagore, "le jardinier d'amour", chant XII

DSCN1536_1.JPG

Par Nadir - Publié dans : Quand on travaille on oublie le mal des jours - Communauté : la création et ses processus
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